Les aventures de l'équipage du Baron des Tempêtes


    Dans les fumeries d'opium...

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    Revahn
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    Dans les fumeries d'opium...

    Message par Revahn le Ven 9 Déc - 0:52

    EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS




    On pouvait apercevoir ces mots dans toute la capitale. Le flot immense et irrépressible de la foule était encore plus important qu'à l'accoutumée et des étrangers, venus des quatre coins du monde étaient venus, non seulement pour admirer la Tour Eiffel, mais aussi pour l'Exposition Universelle.

    Edvinas ne faisait pas partie de cette foule. A vrai dire, cela faisait des semaines qu'il n'avait pratiquement pas mis le nez dehors. Sa dernière soirée, il l'avait passée dans une cave sous un bar, avachi sur un matelas sale, une longue pipe à la main.

    - Dehors!

    Une grosse dame venait de s'introduire difficilement par l'entrée de la cave. Sa tenue était celle d'une serveuse, mais sa corpulence, ainsi que son énorme bras mécanique, laissait penser qu'elle exerçait le rôle de tenancière.
    Edvin, lui, venait de tomber à moitié de son matelas, la tête plaquée au sol mais les jambes toujours posées sur le matelas.

    - ... Qu'est... s'passe? maugréa Edvin, essayant de se relever.

    La grosse dame s'était approchée de lui, chacun de ses pas faisant trembler le sol. Lorsque les pas s'arrêtèrent, il se sentit attrapé par le col, avec un seul bras. Il réussit enfin à soulever ses paupières, mais n'eut pas le temps de réagir au seau d'eau qui venait de lui être jeté à la figure.

    - Ah, Bonjour Germaine!

    En réponse, cette dernière lui asséna un formidable coup de poing qui l'envoya voler en direction des escaliers.

    - Je te préviens, la prochaine fois que je te vois ici, je t'arrache les tripes!

    Lorsqu'il entendit à nouveau les pas de Germaine venir dans sa direction, il sut qu'elle était sérieuse. Retrouvant rapidement ses forces, il s'enfuit par la sortie, qui menait à la grande salle du bar nommé très justement "À la Dame de Fer". Toutefois, il trébucha sur une des marches et, sortant de la cave à toute vitesse, il tomba nez à nez avec une personne qu'il emmena dans sa chute.



    - Ah, bonjour Edvin, ça fait longtemps!

    Edvin entendit son nom et ouvrit les yeux. Il se releva sur ses bras, et observa la personne sur laquelle il venait de tomber. Ce n'était autre que Rose, une des serveuses du bar et la fille de Germaine, la tenancière.

    - ... longtemps?

    Il se releva, et aida la jeune femme à se relever.

    - ça fait 2 jours qu'on ne t'as pas vu à la surface! On s'est bien amusé là-dessous?
    - Plutôt bien oui, merci...
    - Je ne sais pas comment tu fais... tu as faim?


    En réalité, Edvin était affamé et allait dire oui, mais le bruit des pas de la tenancière remontant l'escalier le ramena à la réalité...

    - Excuse-moi, une prochaine fois, j'ai une urgence!
    - Je vois... on se retrouve chez moi ce soir?
    dit-elle, un sourire aux lèvres.
    - Avec plaisir! Bonne journée!

    Et il continua sa route en courant vers la sortie du bâtiment.
    Une fois dehors, il dut se couvrir les yeux : c'était un jour d'été ensoleillé et, après autant de temps passé au frais et à l'ombre, il avait l'impression de voir le soleil pour la première fois. S'habituant petit à petit à la lumière, il s'ébroua tel un chien, se débarrassant de toute la poussière qu'il avait accumulée sur lui. Allez, aujourd'hui je me reprends en main, pensa-t-il, et il se dirigea d'un pas léger en direction de sa chambre, située dans un hôtel miteux mais discret.

    Le soir tombant...

    Maintenant propre et reposé, Edvin mangeait un sandwich tout en étant accoudé à une fenêtre luxueuse. Situé sur un grand bâtiment, la chambre de Rose offrait une superbe vue sur la récente Tour Eiffel. Le soleil terminait sa descente et le ciel se teintait de couleurs enflammées.

    - Tu as l'air d'aller beaucoup mieux!

    Derrière lui, Rose venait de finir de se laver. Elle avait une vie relativement douce, étant la fille de l'un des plus importants Barons de l'Ombre de Paris.

    - Tu n'imagines pas à quel point! Je me sens revivre!

    En bas, dans les rues, la foule était toujours présente, mais les discussions semblaient s'être calmées. La fatigue, mêlée à la préparation des festivités, créait une ambiance douce et contemplative. Les lampadaires venaient d'être allumés et diffusaient une lumière douce, ajoutant au climat de calme.
    Rose l'attrapa délicatement par le bras et se serra contre lui.

    - C'est beau... dit-il, émerveillé.
    - C'est vrai! Tu devrais venir ici plus souvent, la vue est superbe!

    Bien entendu, et Edvin l'avait compris, elle souhaitait qu'il reste plus souvent. Ça ne va pas me faciliter la tâche, pansa-t-il.

    - En fait, je voulais en discuter avec toi...
    - Oui?


    Il se tourna vers elle, et ses grands yeux fauve croisa les siens. Par la fenêtre, les feux d'artifice venaient de commencer, provoquant l'admiration de la foule. Un sourire se dessinait sur le visage de la jeune femme.

    - En fait, je crois que je ne vais pas pouvoir rester ici...

    Son sourire venait instantanément de disparaitre.

    - Tu sais, tu mérites mieux que moi... puis si je reste, ta mère va me tuer...

    Il sortit d'autres excuses, la plupart sans aucune logique, avant de remarquer que son visage était passé de la surprise à la colère.

    ...

    Le matin de son dernier jour à Paris, Edvin toucha le cocard qu'il avait reçu de la part de Rose en guise de cadeau d'adieu. Telle mère telle fille, ironisa-t-il, les yeux au ciel, partant en direction de l'aérogare. Malheureusement, toutes ses économies s'étaient évaporées, mais il ne manquait pas de ressources et avait toujours une solution. C'était devenu tout un art pour lui de s'infiltrer dans un zeppelin sans même se faire remarquer.
    Il avait longuement réfléchi à la direction qu'il devait prendre. Il avait entendu des rumeurs sur un capitaine légendaire qui cherchait un nouvel équipage. Cet homme attendrait les éventuels candidats dans la cité libre de Berlin.
    Il s'arrêta pour admirer un de ces zeppelins qui s'approchait de l'aérogare, générant de l'ombre sur toute la zone autour de lui.

    Direction : l'Est!

    Il sifflota un petit air joyeux avant de continuer sa route.



    A suivre...






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